Jean Girault

Jean Girault, bienveillance, disponibilité, passion et engagement.

Depuis son inauguration, le mur de la nouvelle mairie de Montigny porte une petite plaque bleue où il est inscrit « Espace Jean Girault, Maire de 1977 à 2001, Maire honoraire ». Mais qui est cet ancien Maire dont l’espace tout neuf de l’entrée de la mairie et de l’école célèbre la mémoire ?

Quand on pose cette question à ceux qui l’ont connu, chacun dresse de lui un portrait similaire et flatteur : c’était un homme simple, bon, bienveillant, passionné par sa commune et qui aimait les gens. C’était « quelqu’un », un personnage qui à l’instar de nombre de berrichons brille par sa discrétion, sa disponibilité et la détermination dans ses engagements.

Un homme simple au service du bien être commun.

Il est né « cheux nou l’Jean », aux Gallards, dans la maison de sa grand-mère… ça c’était le 1er mars 1924… Il y a une éternité… presque un siècle… mais dans la mémoire des habitants de la commune, il laisse un souvenir bien présent, vif, gonflé de générosité.

Il était « beau gosse », nous raconte sa sœur Michelle ; 1m83, les cheveux frisés, c’était un homme élégant « que l’on remarquait ». Une photo circule dans sa famille, où on le voit en beau brun romantique, blouson en cuir, regard profond et cigarette à la bouche. Il y a là du Gabin, du Gérard Philippe, le charme viril d’après-guerre immortalisé par le photographe Queva d’Henrichemont.

C’est dans ces années d’après-guerre, au bal parquet de Montigny, qu’il rencontra Micheline, une fille sportive qui avait bien voyagé. C’est avec elle qu’il se maria en 1951.

Avec sa mère, sa sœur Michelle et sa femme Micheline, il exploitait à la suite de ses parents un abattoir à volailles à la sortie du bourg, sur la route des Aix. Jean collectait les poulets dans toutes les fermes des environs, les tuait et les envoyait en train au Marché des Halles de Paris… On ne s’occupait pas de la chaîne du froid à l’époque, mais les volailles étaient si belles et l’abattoir était si propre, – on aurait pu y manger par terre -, que jamais on n’a eu de problème, se souvient sa sœur. Faut dire qu’il savait se procurer les meilleures bêtes !

Pendant presque une décennie, sa femme, qui était elle aussi très active, a tenu le Tire Bouchon… autre haut lieu de notre patrimoine municipal… Jean, quand il avait fini son travail, venait y discuter avec ses amis.

Jean Girault était un passionné… Fou de son cheval, il l’avait sorti d’un laboratoire où il servait pour des expériences médicales… Même un chien perdu il nous l’aurait ramené se souvient Micheline… Que de temps il pouvait passer avec son cheval, puis avec sa voiture qu’il nettoyait deux fois par semaine. C’était presque un maniaque de l’ordre. Pour lui, fallait que chaque chose soit à sa place et que tout soit bien propre… Déformation professionnelle peut-être… Certains racontent, qu’en tant que Maire, il pouvait s’arrêter sur la place ramasser trois malheureuses pailles qui y traînaient.

Passionné, il l’était aussi pour les gens et la commune. Il était toujours disponible, raconte-t-on encore, il n’avait pas d’heure et se tenait toujours prêt à aider ses administrés, à régler leurs petits ou gros problèmes. Tellement habité par les gens et leurs soucis qu’il était un des piliers des fameux pompiers de Montigny, les plus rapides et efficaces du coin ! Dès que la sonnerie d’alarme retentissait, Jean quittait son exploitation, laissant sa sœur et sa mère en plan avec plusieurs dizaines de poulets sur les bras, pour courir porter secours à ceux qui étaient dans le besoin…

C’était un fils de la commune et un personnage essentiel de celle-ci. Conseiller depuis 1953, il est devenu Maire en 1977 quand M. Maurice a laissé la charge. Il s’investit alors dans son rôle de Maire comme il le faisait pour tout : avec passion. Pendant son mandat de près de 25 ans, il en a fait des choses, il en a démêlé des problèmes, il en a facilité des vies… Ses œuvres sont nombreuses : le chauffage de l’église, la création d’une épicerie communale, la rénovation du logement municipal…

Mais surtout, plus que tout, il s’est battu pour notre école. S’il y a encore une école à Montigny, c’est bien grâce à lui, me dit-on… pour lui l’école de la République était essentielle, vitale, c’était la clef de voûte des services ruraux. Dès le début des années 1990, voyant poindre la baisse des natalités et les menaces sur les écoles rurales, il s’est bagarré pour que soit créé le Regroupement Pédagogique Intercommunal (RPI), unissant d’abord trois communes, puis quatre et maintenant cinq afin que l’école et les rires de nos chers bambins ne disparaissent pas de notre bourg. Pour maintenir l’école à Montigny, il a refait une classe, celle occupée par le CE1-CE2, ainsi que le parking et les transports scolaires. Jean Girault a énormément travaillé pour sa commune et bien mérité d’avoir un espace à son nom.

Il l’aimait tellement sa commune, que lorsqu’il partait en vacances, il avait un mal fou à s’en détacher. Sa femme Micheline se souvient que s’il avait pu, il aurait bien emmené la mairie, l’église, l’école, les maisons et tous les vallons et chemins de Montigny dans le coffre de sa voiture.

Jean Girault a cessé d’être Maire en 2001 ; après autant d’années consacrées à ses concitoyens, cela était bien mérité. Il nous a quittés le 21 octobre 2011 et repose maintenant dans le cimetière municipal.

Mais dans la cour de l’école, sous le buste de Marianne, dans le souvenir de nombreux concitoyens, sa mémoire est encore vive et joyeuse… Jean Girault est d’ailleurs plus qu’un souvenir, il est un exemple qui reste bien vivant dans le cœur de ceux qui l’ont cotoyé.

Comme quoi, même la mort, pourtant obstinée et maligne, n’a pu arracher Jean Girault aux vallons, au bourg et à la Mairie de Montigny !

Sébastien Welsch

Un remerciement tout particulier à Micheline Girault, Michelle Girault, Brigitte Girault-Bonnand et Eliane pour leurs souvenirs et anecdotes…